Projet pour notre église

« Quel Christ pour notre église ? »

Depuis plusieurs mois, ou plusieurs années, certains d’entre vous ont exprimé leur désir de pouvoir poser leur regard dans notre église sur un Christ. Nous avons proposé une commission pour réfléchir à ce sujet et étudier comment l’effigie du Christ pourrait être ajoutée sans modifier la grande et belle croix rétro éclairée de notre église. (article 308 du PGMR)

Cette commission a réuni pendant près d’un an 7 paroissiens, hommes et femmes, de différents âges, différentes sensibilités, et pour certaines avec des compétences artistiques. Elle a travaillé et échangé avec des artistes et de concert avec la commission d’art sacré du diocèse. 

Aujourd’hui, nous sommes en mesure de vous proposer 3 projets, qui ont été validés par le conseil pastoral, la commission d’art sacré du diocèse et le fils de l’architecte qui a conçu cette église.

Notre volonté forte est d’accompagner un projet paroissial et non d’imposer une idée ou une oeuvre. C’est pourquoi, nous voulons faire de tous les paroissiens du Christ-roi des acteurs, que vous supportiez un des trois projets, les trois ou au contraire que vous n’en souhaitiez aucun. 

Au fait, pourquoi le christ sur la croix ? éléments de réflexion

Réunion d’information le lundi 5 Décembre à 20h30 à l’église du Christ-Roi. Vous pouvez nous faire part de votre avis en écrivant à l’adresse email: christencroix.saintecolline@gmail.com

Les paroissiens pourront donner leur avis sur le projet et les oeuvres proposées lors d’une consultation écrite lors des dimanches 11 et 18 Décembre 2022″.

Vous trouverez ci-dessous des informations à propos de chaque artiste et de chaque oeuvre:

Marie Dumas

Présentation de l’artiste  : 

J’ai grandi à Carcassonne. À Toulouse, j’ai étudié l’histoire de l’art. À l’école des beaux-arts de Tours, j’ai été formée au dessin et à la sculpture académique et cela fait maintenant quinze ans que je vis à Paris. Je mène deux activités en parallèle puisque je suis restauratrice de sculptures et artiste. Ce sont deux domaines très complémentaires. Je suis en contact permanent avec les œuvres d’art. Cela exerce mon habileté manuelle, mon œil et ma sensibilité. 

Ma démarche liturgique : 

La paroisse du Christ-Roi étant familiale, j’ai représenté un Christ doux et bon de manière à ce qu’il plaise aussi aux enfants ! J’aimerais que son regard touche les cœurs, qu’il attire et réconforte celui qui le regarde. Mon Christ est bleu pour évoquer la présence de la Vierge Marie au moment de la Passion. Puisque nous sommes dans l’église du Christ-Roi, j’ai traduit sa Royauté par l’utilisation de l’or sur différents éléments et tout particulièrement sur l’oreille pour montrer que Jésus est à l’écoute de chacun.

Présentation de mon projet : 

Pour arriver à cette création, je me suis aussi inspirée de l’esthétique de l’église. J’ai choisi des matériaux transparents, légers et modernes. Le fond est une plaque d’isorel qui donne une tonalité ocre très douce. Par-dessus, j’ai superposé deux couches de plexiglass partiellement colorées à l’encre acrylique. Ce jeu de transparence permet d’obtenir des glacis et des couleurs subtiles. Les contours du Crucifix sont dessinés à l’encre noire. Une fois cet ensemble éclairé, l’effet obtenu est encore plus beau car les couleurs deviennent très lumineuses. 

Jacques Dieudonné

Site internet de Jacques Dieudonné

Formation
1963/1965 – Apprentissage Hôtellerie-restauration. Belgique.
1965/1969 – Anc. École d’Art de l’abbaye de Maredsous (IATA) Belgique. Diplômé orfèvrerie.

1967/1969 – Noviciat bénédictin – Monastère St Remacle de Wavreumont – Belgique.
1970 – Brevet de compagnon bijoutier-joaillier Strasbourg – France.
1971 – École des Arts Décoratifs de Strasbourg. Diplômé Création bijouterie.
1971 & 1972 – Initiation à la peinture d’icônes – 2 stages – Prieuré de Moustier-en-fagne F.
1972 – Diplôme National des Beaux-Arts de France. Tourcoing : Option sculpture.
1975 & 1976 – Université de Montréal – Canada – Faculté Théologie. Cours du soir – Exégèse.
1976 & 1977 – Atelier du Pr A.G. Montagutelli – Montréal, Canada : Fonderie artistique.
1997/2002 – Comité National d’Art Sacré. Formations des membres et responsables CDAS.
1999/ 2002 – Formation au diaconat permanent – Toulouse – Région apostolique Midi.

Le choix que j’ai effectué dans cette présentation brève de mon parcours ci-dessus a comme objectif de vous dire mon cheminement dans ma quête spirituelle et artistique.
Le choix de mettre ma création au service des communautés chrétiennes et des espaces liturgiques n’a pas été évident pour moi. C’est quelques amis, dont le P. Fréderic Debuyst moine du monastère bénédictin de Clerlande en Belgique spécialiste européen du sujet, qui dans les années 90, m’ont convaincu de chercher dans cette direction une voie toute personnelle. Peu de temps après, une autre interpellation de l’Église m’a mené au diaconat.
Pour répondre à votre demande concernant l’implantation d’un « Xt » sur la croix :
Votre souci : permettre à la croix existante de recueillir un corps pour rester fidèle à la PGMR qui demande que « la croix soit porteuse de l’effigie du Xt crucifié ».

Lors de notre rencontre dans l’église du Xt Roi, je vous ai fait part de mon interrogation quant au volume d’un corps aux proportions de la croix existante : une forme vraiment trop importante et « écrasante ».
Comment solutionner ce problème tout en répondant à votre souhait ?
La croix actuelle est éclairée par l’arrière, cela m’a donné l’idée d’implanter un élément « vitrail thermoformé » pouvant être dynamisé par cet apport de lumière.
Pour ce faire, j’ai souhaité vous présenter un ensemble de panneaux de verre clipsés sur leur partie centrale et totalement dégagés sur le pourtour afin de donner un maximum de légèreté à l’ensemble.
Pour illustrer ma proposition, j’ai repris la récente création d’une grande croix de gloire que j’ai réalisée en laiton repoussé pour la cathédrale de Tivoli en Italie.
L’idée étant de réaliser en verre thermoformé une silhouette, une trace de corps. Avec l’Atelier ECT de Castres, j’ai traduit cette proposition dans une présentation d’une trace de corps mise en relief et colorée de jaune d’argent, procédé que j’ai utilisé antérieurement pour la création du grand vitrail inclus au portail de la cathédrale de Liège en Belgique.
Vous noterez que dans cette présentation ne se trouvent pas les stigmates, c’est normal puisqu’il s’agit de ce travail réalisé pour la cathédrale de Tivoli et que l’évêque du lieu a souhaité que soit mis l’accent sur la dimension de « Xt en Gloire ».
Dans la réalisation que j’effectuerai pour vous, ceux-ci seront bien indiqués.
Pourquoi une trace de corps ?
Tout d’abord, mon intention n’est pas de placer une croix sur celle existante mais bien de marquer la trace du corps du Xt dans cette lumière rayonnante, laissant le verre libre en ses extrémités.
Le travail sur la trace du corps dans le vitrail thermoformé a comme intérêt de donner à voir en une seule représentation la passion de jésus, sa mort et sa résurrection.
La trace dit qu’en effet, il a été sur la croix, il a souffert, il est mort et il est ressuscité !
La PGMR en son article 305 (éd. 2012) demande en effet que la croix soit porteuse de l’effigie du Xt crucifié, elle précise aussi que soit mise en valeur la notion de « la passion rédemptrice du Seigneur ».
C’est sur ce point qu’en tant que diacre ordonné pour annoncer la Parole de Dieu – parole qui s’annonce aussi par l’art qui est ma vocation propre – je souhaite mettre en valeur cette lumière de la résurrection puisque comme le dit l’apôtre Paul en 1Co 15, 14 : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi ».

Françoise Bissara-Fréreau

Peintre et sculpteur

Présentation

Créer, pour moi, est une nécessité intérieure ; c’est une contemplation mais c’est aussi l’urgence d’une réponse à un appel qui bouleverse l’existence. C’est ainsi que chaque œuvre en devenir sous mes doigts est une rencontre de soi avec le Christ et Sa Parole. Cela aiguise la question qui se transforme où elle se pose : le visible ne s’épuise jamais. D’une réalisation à l’autre il prend une acuité particulière. Le silence qui s’introduit lors de ce cheminement à travers la création d’une peinture ou d’une sculpture récapitule toute chose en lui-même : il déconstruit mes certitudes, les fait nouvelles. Il y a déchiffrement à travers le travail.
Le silence est aussi écoute d’un chant intérieur, acceptation d’une fragilité, d’un dépouillement. C’est dire oui à un rythme d’amour et d’offrande.
Le travail de la main qui sculpte et peint est un acte de naissance et renaissance continuel, une recherche là où naît l’Esprit qui m’engendre dans une conscience nouvelle au même temps que surgit l’œuvre.
Cela m’apprend à voir la beauté, elle me souffle l’amour.
J’aime partager cette joie du Christ qui est là où je ne l’attends pas .
Je suis son serviteur.

2  Description de l’œuvre
Il s’agit d’un projet d’installation d’un Christ sur La Croix actuelle éclairée par un rétro-éclairage .
Le Christ ,1m75 de hauteur, serait réalisé en verre cristal teinté en bleu dans la masse et mis en lumière par le rétro-éclairage .Un éclairage par le devant est ajouté .
La figure de la lumière est la transcendance ; c’est la force de l’amour que nous regardons en levant les yeux vers La Croix -lumière.
Je vois La Croix comme un passage de la mort à la vie du Christ . Christ est le Vivant qui traverse la mort. C’est de l’Esprit que vient la lumière. La croix est appel à l’amour. Il ne s’agit pas de la perpétuer mais de nous efforcer de décrucifier Dieu dans notre vie, «de le faire apparaître comme le Dieu vivant qui donne vie avec surabondance et qui nous appelle à la sollicitude de la joie» comme l’écrit Maurice Zundel .
Le verre teinté en bleu représente le Christ au bord de l’éternité .Il est aussi de chair .Celle-ci explicite le Verbe (Jn 1).Christ est la vie et la vie est la lumière. 

Les plaies du Christ sont visibles.
En Jésus Fils de Dieu, je vois au-delà de la sculpture la bonté infinie de Dieu le Père pour son Fils ,du Fils pour le père et pour nous ,par son sacrifice .
L’auréole fixée à part sera en métal avec un peu de feuille d’or ; cela exprime la Gloire de Dieu et celle du Fils ainsi que la matière glorifiée.

3   Démarche Liturgique
En remontant la nef vers l’Autel et en levant les yeux nous sommes appelés à voir en regardant le Christ en croix, la lumière du ciel sur la terre et à rentrer dans l’espérance.
Il s’agit à travers cette œuvre de pouvoir donner à la communauté la possibilité de contempler la lumière de l’Esprit et la lumière de la chair du Christ.
« Seigneur dans Ta lumière nous contemplons la lumière ».
Psaume XXXVI.
La liturgie est liée à l’homme . Christ ici est un corps vivant, mémoire du sacrifice et action de grâce.
Le symbolisme de la couleur bleue est celui de l’Esprit sur les peintures du Moyen-Age . Le vêtement du Messie est bleu pendant les trois années de sa prédication de vérité et de sagesse.